A l'occasion des Assises de la Prostitution qui auront lieu à partir de demain à Paris au théâtre de l'Europe (métro Odéon), Actu-Gay vous propose une interview de Maîtresse Gilda et de parler de
cette profession qui est pratiqué par certains membres de la communauté LGBT.
Les prostituéEs ont connu depuis l'entrée en vigueur de la loi de sécurité intérieure par Nicolas Sarkozy une vraie dégradation de leurs conditions de vie et une augmentation des prises de risques,
les assises cherchent donc à créer un réseau d'échange des expertises liées au travail du sexe.
Samedi, une marche de défense de droits des prostituéEs partira de la place Pigalle à 13h pour faire valoir les revendications des travailleuSEs du sexe.
Voci donc l'interview de Maîtresse Gilda furnie par Loum360:
Présentez-vous rapidement :
Maîtresse Gilda : Travestie, dominatrice, je suis une TravailleuSe du sexe. C'est mon métier, je l'ai choisi et je n'aimerais pas faire autre chose. J'ai longtemps exercé en homme, avec des
clients Gays, avant de devenir une domina professionnelle.
- Pourquoi se prostituer en travesti ?
Je me suis toujours travesti pour sortir ou m'amuser mais je ne connaissait que le sexwork gay parisien, et pour l'avoir vu à la fois se banaliser et se dégrader au fil des années, je
m'étais sans doute lassé. Le jour de la Pute Pride 2007 j'ai décidé de travailler en "Maîtresse Domina" ce qui correspondait le plus à mon tempérament. Ca m'a libéré. Depuis, j'ai une majorité de
clients "hétéros socialement" et je ne travaille en "gay" qu'avec quelques clients habitués que j'apprécie beaucoup.
- A propos de l'association "Les Putes", depuis combien de temps en êtes vous membre, quel est votre rôle?
"Les Putes" est un groupe qui à été crée à la suite de la Conférence Européenne de Bruxelles fin 2005. La première "Pute Pride" a eu lieu en mars 2006, j'ai rejoins le groupe juste après ...
Mon rôle est celui de tout autre militantE activiste : lutter contre les abus, le proxénétisme, les violences, la putophobie et faire connaître notre situation et nos revendications par des
actions de lobying ou tout simplement de visibilité.
Nous avions aussi besoin d'un outil internet, en dehors des sites commerciaux d'escortes en ligne. J'ai donc créé un Réseau communautaire d'auto-support par et pour les TravailleuSes du Sexe
: Femmes, TransPédéGouines, Travs, Gigolos, MilitantEs et AmiEs (
www.lesputes.ning.com)
- Pouvez-vous expliquer les buts de l'association?
Les politiques abolitionnistes ou prohibitionnistes sont toujours les mêmes mais la parole des Putes n'est jamais prise en compte. Le groupe "Les Putes" a pour but de rassembler les TravailleuSEs
du Sexe au sein d’un groupe activiste afin d'être audibles et porter nos revendications. Notre mouvement est ouvert à touTEs les Putes, quels que soient notre origine, genre, orientation
sexuelle, mode de travail, etc. Nous récusons toutes les discriminations et formes de rejets.
- Quelles sont vos principales revendications à l'approche des assises de la prostitution?
Ce que nous réclamons d’abord c’est un véritable statut et la possibilité d’exercer notre métier en toute légalité, sécurité et indépendance. Ce qui est important c’est de pouvoir défendre
nos Droits. Nous demandons « simplement » d'avoir les mêmes Droits que les autres citoyenEs . Nous demandons aussi à ce que nos amants, maris, épouses, conjoints, concubins, partenaires de
vie ou enfants majeurs ne soient pas considérés comme des proxénètes par le Code Pénal car actuellement toute personne qui vit avec unE travailleuSe du sexe peut être poursuivie pour
proxénétisme.